Le baromètre du sexisme 2026 par le Haut Conseil à l'égalité présente des conclusions alarmantes
Pour la 4e année consécutive, le baromètre du sexisme du Haut Conseil à l'égalité (HCE) s'appuie sur une enquête en ligne menée auprès d'un échantillon représentatif de la population française.
Les conclusions de ce rapport sont édifiantes : le sexisme, sous toutes ses formes et dans toutes les sphères, demeure profondément ancré dans notre société malgré le déploiement de nombreuses politiques publiques en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Le rapport identifie deux formes de sexisme, paternaliste et hostile.
Le sexisme paternaliste concerne environ 7,5 millions d'hommes et 5 millions de femmes.
17 % des personnes de plus de 15 ans et plus (environ 10 millions de personnes) adhèrent au sexisme hostile.
Au-delà des stéréotypes relevant du sexisme paternaliste qui entérinent l’idée d’un déséquilibre dans la relation entre les hommes et les femmes (75% des répondant estiment que les femmes doivent être protégées et aimées par les hommes et 68% estiment que c’est aux hommes d’assumer la responsabilité financière de la famille), l’adhésion à un sexisme dit hostile est extrêmement préoccupante. Cette forme de sexisme est assimilée à une situation de contrainte et de violence : 26% des hommes reconnaissent avoir déjà douté du consentement de leur partenaire et 24% estiment normal qu’une femme accepte un rapport sexuel pour faire plaisir ou par devoir.
Le rapport souligne également que les réseaux sociaux apparaissent comme des espaces de cristallisation et d'amplification des discriminations et des violences faites aux femmes et minorité de genre. Il identifie le cybersexisme comme la première forme de discours de haine en ligne, avec 84 % de victimes qui sont des femmes.
Les réseaux sociaux participent à la prolifération et à l’adhésion à des discours masculinistes (39% des hommes pensent que le féminisme menace la place et le rôle des hommes) considérée comme une véritable idéologie, et non comme une dérive marginale, touchant un public de plus en plus jeune.
Les adultes ne sont pas épargnés par la diffusion des discours masculinistes, qui peuvent légitimer le passage à l’acte, banaliser des violences et, dans ses formes les plus extrêmes, aller jusqu’à l’apologie du viol et du meurtre.
Un sursaut demeure au sein de notre société. 81% de la population considère que la lutte contre le sexisme est une priorité. Les Français soutiennent le besoin de politiques publiques en matière d’égalité, 86% des répondants souhaitant par exemple un contrôle plus systématique des propos en ligne et 80% soutenant les cours d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle.
« Le combat contre le sexisme est un combat fondamental pour notre République. Il est à la racine de mon engagement politique et de mon action comme ministre. Le masculinisme n’est pas une menace qui ne concernerait que les femmes, c’est un danger pour toute notre société. Une société qui méprise les femmes, qui tolère leur mise à l’écart ou leur domination, est une société qui va mal et qui se fragilise elle-même. Notre jeunesse est particulièrement concernée, avec un fossé qui se creuse avec les jeunes hommes qui adhèrent de moins en moins aux notions d’égalité et de respect et qui au contraire se sentent en phase avec des idéologies basées sur la violence et la soumission. Les réseaux sociaux ont une responsabilité écrasante dans la propagation de ces discours. Cette réalité nous oblige à agir et c’est ce que nous faisons avec l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. »
Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations
Le rapport : https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/rapport-2026-sur-letat-des-lieux-du-sexisme-en-france-la-menace-masculiniste
D'autres articles sur le même sujet :