Le rapport sur les inégalités mondiales est sorti (WIR 2026)
Le Rapport sur les inégalités mondiales 2026 (WIR 2026) est la troisième édition de cette série phare, après celles de 2018 et 2022. Ces rapports s’appuient sur les travaux de plus de 200 chercheurs et chercheuses du monde entier, affilié.e.s au World Inequality Lab et contribuant à la plus grande base de données sur l’évolution historique des inégalités mondiales.
Il explore les nouvelles dimensions de l’inégalité qui définissent le XXIè siècle : le climat et le patrimoine, les inégalités hommes–femmes, l’accès inégal au capital humain, les asymétries du système financier mondial et les clivages territoriaux qui redessinent les démocraties.
Ensemble, ces thèmes révèlent que l’inégalité aujourd’hui ne se limite pas aux revenus ou au patrimoine ; elle touche tous les domaines de la vie économique et sociale. Les inégalités mondiales en matière d’accès au capital humain restent aujourd’hui considérables.
Le monde est extrêmement inégalitaire
Le premier fait marquant qui ressort de l’analyse des données est que les inégalités restent très élevées. Le Graphique 1 montre qu’aujourd’hui, les 10 % les plus riches de la population mondiale gagnent plus que les 90 % restants, tandis que la moitié la plus pauvre de la population mondiale ne reçoit que moins de 10 % du revenu mondial total. Le patrimoine est encore plus concentré : les 10 % les plus riches possèdent les trois quarts du patrimoine mondial, tandis que la moitié la plus pauvre n’en détient que 2 %. Les 0,001 % les plus riches, soit moins de 60 000 multi–millionnaires, contrôlent aujourd’hui trois fois plus de richesse que la moitié de l’humanité réunie. Leur part n’a cessé d’augmenter, passant de près de 4 % en 1995 à plus de 6 % aujourd’hui, mettant bien en évidence la persistance des inégalités. (cf graphique)
Les 50% les plus pauvres de la population mondiale reçoivent 8% des revenus totaux mesurés à la Parité du Pouvoir d’Achat (PPA) 2025. Les 50 % les plus pauvres possèdent 2% du patrimoine personnel net mondial (en PPA 2025). Les 10 % les plus riches détiennent 75% du patrimoine mondial et captent 53% des revenus totaux en 2025
Les taux de croissance du patrimoine personnel net ont fortement varié à travers la distribution mondiale entre 1995 et 2025. Alors que les 50 % les plus pauvres ont connu une croissance positive d’environ 2− 4 % par an, leur faible patrimoine initial leur a permis de ne capter que 1.1 % de la croissance totale du patrimoine mondial. En revanche, les 1 % les plus riches ont connu des taux de croissance nettement plus élevés, allant de 2 à 9% par an, et ont capté 36.7 % de la croissance mondiale du patrimoine au cours de la même période. Le sommet de la distribution, qui comprend les 50 individus les plus riches, a connu les augmentations les plus fortes.(cf graphique)
En 2025, les travailleuses gagnent environ 16 % du revenu total du travail au Moyen−Orient & en Afrique du Nord, mais environ 40 % en Amérique du Nord & en Océanie et en Europe. Au niveau mondial, les femmes gagnaient 27.8 % du revenu du travail en 1990 et 28.2 % en 2025 (cf graphique)
Globalement, les femmes travaillent plus d’heures par semaine que les hommes lorsqu'on tient compte à la fois du travail économique et du travail domestique. Le revenu horaire des femmes est nettement inférieur à celui des hommes : l’écart mesuré est plus faible lorsque seul le travail économique est pris en compte, mais il devient beaucoup plus important lorsque les heures de travail domestique sont incluses. (cf graphique)
Il existe d’énormes disparités entre les régions du monde en termes de revenus. Une personne vivant en Asie du Sud & du Sud−Est dispose d’un revenu mensuel moyen de 601 €, tandis qu’une personne vivant en Europe dispose d’un revenu mensuel moyen de 2,934 €. C’est 4.9 fois plus. (cf graphique)
En 2025, les dépenses publiques moyennes consacrées à l’éducation par individu en âge scolaire (0 à 24 ans) varient considérablement d’une région du monde à l’autre, allant de 220 € en Afrique Sub−Saharienne à 9,025 € en Amérique du Nord & en Océanie (PPA 2025), soit un écart de près de 1 à 41. 'cf graphique)
Les graphiques chiffrés sont en pièce jointe et facilitent la lecture des différentes analyses.
Ce rapport a bénéficié du soutien du Programme des Nations Unies pour le développement, du laboratoire mondial sur les inégalités et de l’Union européenne.