Vote assisté par l'IA - 16 % des Français ont utilisé l'intelligence artificielle pour faire leur choix aux municipales
Selon une étude menée par Terra Nova et Harris Interactive, 16 % des Français ont utilisé une IA pour choisir leur candidat aux dernières municipales. L'IA sera un enjeu crucial à l'approche de la présidentielle 2027.
Les résultats témoignent d’un nouveau comportement, certes émergent mais appelé à prendre de l’ampleur : 16 % des Français sondés se sont remis à des agents conversationnels pour choisir leur candidat.
Dans le détail, 7 % des Français ont été confortés dans un choix déjà formé, 5 % ont changé d'avis sous l'influence de l'IA et 4 % s'en sont servis pour se décider alors qu'ils ne savaient pas pour qui voter.
16 %, ce n’est pas rien. Le recours à la technologie grimpe à 22 % chez les 18-24 ans, soit plus d’un jeune sur cinq. Comme le constatent les sondeurs, l’IA a franchi le seuil de la marginalité expérimentale et n’est plus réservée aux seuls geeks.
Avant de se fixer sur un vote, 11 % des Français ont également utilisé l’IA pour s’informer. Les internautes abandonnent progressivement les moteurs de recherche classiques comme Google pour solliciter des agents conversationnels.
Vous le savez si vous consultez régulièrement ChatGPT, il est toujours très gentil avec vous, n’hésitant pas à vous féliciter pour la pertinence de vos questions. Comme d’habitude, l’idée est de vous faire rester le plus longtemps possible engagé avec la machine, donc la flatterie est programmée pour rendre le moment agréable, sans friction, loin d’une discussion enflammée avec un membre de votre famille qui ne pense pas comme vous.
Quant à ceux qui l’utilisent sans savoir pour qui voter, l’anthropomorphisme des agents conversationnels participe à l’installation d’un climat de confiance. Sans oublier l’effet d’autorité de la machine. Tous ces mécanismes ou biais participent à donner du poids à un conseil ou une orientation, d’où la nécessité de comprendre comment celui-ci est généré, à partir de quelles informations, de quelles données, ressources ces modèles de langage tournent.
Ces agents sont conçus par des entreprises pour la plupart américaines qui défendent une idéologie et une vision du monde. À terme, cette opacité pourrait être une menace pour préserver l’intégrité des réponses et le jeu démocratique. Lorsqu’on entend par exemple un personnage comme Elon Musk soutenir publiquement un parti d’extrême droite en Allemagne, comment être certain que les réponses livrées par son agent Grok ne seront pas orientées ?
Lorsque l’on voit comment X a été détourné pour soutenir la campagne de son candidat Donald Trump lors des dernières élections américaines, comment être certain que son agent conversationnel ne devienne pas ici ou là une arme de propagande ?
Loin des temps de parole très encadrés dans l’espace médiatique en période électorale, les réseaux sociaux et agents conversationnels passent sous les radars, et deviennent un terrain de conquête pour les partis politiques.
En 2027, notre élection présidentielle sera la première sous l’ère de l’IA, elle sera sans doute utilisée par l’ensemble des partis politiques et candidats pour concevoir des visuels et faire du ciblage électoral.
Et ils chercheront tous à comprendre comment apparaître en bonne place du côté de ChatGPT pour faire de lui leur meilleur conseiller.
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